20.07.2009
Du Secret : Quand le peuple s'arsouille, l'Elysée bidouille
Chers lecteurs,
Tout rentré de vacances et complètement désinformé que je suis, je n'ai pas pu m'empêcher d'ouvrir les journaux de ces dernières semaines pour observer ce que le gouvernement avait bien pu nous trouver alors que j'avais les Pyrénées (et l'Elysée) dans le dos... Et à la lecture du Monde de Samedi dernier, une drôle d'impression agite mes petites neurones encore tout ramollis par le soleil madrilène.
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Je crois que nous sommes tous d'accord - à quelques crétins idéalistes et benêts comme seuls la gauche et le centre savent le faire - pour dire qu'une démocratie complètement transparente est dangereuse. D'abord, parce que cela sous-entend qu'il n'y a plus de secret, et dissuade donc les journalistes d'en trouver les traces (les plus cyniques me répondront, peut-être à raison d'ailleurs, qu'ils ne cherchent déjà pas grand chose...). La transparence n'est jamais que montrer ce que l'on veut montrer : faire croire que tout est dit, c'est mentir pour éviter la fouille. De plus, tout dire, c'est mettre en péril certaines activités peu recommandables dont pourrait dépendre la défense de nos intérêts. J'expose peut-être là un point de vue que vous trouverez malheureux, mais je tenais à rappeler à chacun d'entre vous que je ne suis pas un de ces "benêts" décrits plus haut. Ben est pas benêt... (Hum!).
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Cela étant dit, je peux maintenant me concentrer sur toutes ces petites affaires qui devraient occuper nos esprits cramoisis par le Soleil de plomb (ou presque !) de ce mois de Juillet. Car la thématique du jour, mes chers lecteurs, semble bel et bien être celle du secret. Et que personne n'ose affirmer ici qu'il ne voit pas de quoi il s'agit. Repensez donc fermement à l'actualité récente, et, comme moi, reprenez les journaux de ces derniers jours au regard de ce sujet (si toutefois, les journaux en question ne sont pas des Parisiens !). Que pouvons nous y lire ?
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D'abord, que les préfectures ont reçu pour consigne de ne pas "communiquer sur les incidents" du 14 Juillet et sur le nombre de voitures brulées durant cette nuit. Le ministère parle de "nuit relativement calme" même si les "chiffres ne sont pas encore disponibles"... ne sentez-vous pas là une Affaire Etrange, mes chers lecteurs ? Surtout lorsque l'on sait que l'an dernier, le ministère de la Place Beauveau avait été pris en flagrant délit de trucage de chiffres ; alors qu'il avait anoncé 397 voitures brulées, le décompte effectué par les médias auprès des autorités locales en avait calculé 683, forçant le ministère à reconnaître publiquement son "erreur" et à reconnaître 878 incendies, au final. Vous avez dit louche ?
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Sur la page d'en face, mon regard se tourne vers un article de Patrick Roger, "L'extension du secret-défense définitivement adoptée", dans lequel j'apprend que le Parlement (devrais-je dire la majorité ?) a voté un texte supprimant de nombreuses bases militaires (passe encore...). Mais ce texte affirme aussi que seront créées des zones hors du droit commun ; le secret-défense ne s'appliquera donc plus seulement à des documents, mais aussi à des espaces géographiques, dont la liste sera fixée par décret. Oui, par décret, vous avez bien compris : c'est-à-dire que cette liste sera la production du seul gouvernement, sans que le Parlement n'en sache rien.
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Si encore, le gouvernement était une entité propre et honnête... Mais au vu de ce que traficotte l'Elysée, chacun est en droit d'en douter. Cette affaire de sondages payés par l'Elysée (mes impôts !) puis publiés sur Le Figaro et LCI fut révélée par des journalistes (pardon pour la rature...) la Cour des Comptes. Que l'Elysée paie des sondages, c'est de bonne guerre ; tous les ministères le font... il ne faut pas accuser la majorité, dans ce cas là, mais bien le système politique global et son personnel. En revanche qu'ils soient publiés dans des médias réputés de gauche (!) uniquement lorsqu'ils sont favorables à l'exécutif, cela est plus inquiétant... non ? Et ce d'autant plus qu'à leur propos, LCI, Le Figaro, OpinionWay (l'institut qui les a réalisés, et dont les sondages ont toujours tendance à favoriser la droite) et l'Elysée ont chacun une version de l'affaire différente. EXTREMEMENT LOUCHE. A croire que j'ai été un peu dur en qualifiant F. Bayrou de populiste... Peut-être le MoDem devrait-il profiter de cette occasion pour enfoncer le clou de manière modérée (en parlant de "précaution démocratique devenue inévitable" plutôt que de "complot à la tête de l'Etat") pour justifier une réforme sur les enquêtes d'opinion ? J'oubliais qu'hélas, notre leader est tout sauf un homme de médias...
Je crois que je vais retourner à ma lecture : L'argent de Zola, dont l'histoire porte sur un homme qui a perdu à spéculer à la Bourse de Paris. Voilà qui est à propos ; et surtout, qui ne peut pas être plus déprimant que cette scène politique sur laquelle, bon an, mal an, je continue d'espérer - et à propos de laquelle je continuerai à vous envoyer mes petits mots -.
Votre humble serviteur,
Ben
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13.06.2009
Souvenirs, souvenirs...
Mes chers lecteurs,
Voici au moins trois articles de suite que je suis vraiment beaucoup trop sérieux...! Alors voici de quoi vous rafraîchir quelque peu l'esprit !
Une vidéo qui nous rappelle à tous qu'il fut une époque, où , même si tout était loin d'être parfait, au moins, on rigolait bien !
Bon courage à tous,
Ben
11:57 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.06.2009
De la Démocratie et du Développement
Mes chers amis,
Il me semble bien que ces derniers temps, le Mouvement Démocrate a beaucoup parlé des autres et critiqué le chef de l'Etat, au lieu de se faire reconnaître aux yeux des Français. Nous avons oublié de dire qui nous étions, et ce que nous voulons. Et je voudrais recommencer à vous présenter notre identité, nos valeurs, en vous proposant cet article, très librement inspiré du discours de clôture du Congrès Fondateur de Villepinte, les 1er et 2 Décembre 2007, prononcé par un certain F. Bayrou. Il explique qu'être Démocrate, c'est défendre des institutions. Mais que selon nous, héritiers philosophiques des Lumières et de la pensée démocrate-chrétienne, la Démocratie induit aussi une certaine idée du Développement.
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Le développement est une idée, un concept, issu du sentiment croissant des hommes qu'ils vivaient dans une collectivité, et que cette collectivité s'inscrit dans le temps. Nous sommes donc une "société", pour qui "français" signifie quelque chose, une petite part de chacun, de ce qu'il est ou de ce qu'il voudrait être ; une société qui se présente avec son histoire, forte, mais jamais reniée, et qui aspire à un avenir. Nous nous sommes construits autour d'une nation, autour de valeurs qui nous ont porté, entraîné vers le XXIè siècle.
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Longtemps, ce fut d'abord la Couronne qui incarna ce rassemblement des hommes derrière un collectif. La Grandeur d'un Roi, au XIXè siècle, n'était plus issue de Dieu ; et l'idée - farfelue, pour beaucoup - qu'elle puisse se mesurer à l'aune de son peuple, trottait dans la tête de nombreux penseurs. Ces penseurs furent par la suite appelés Lumières. Et derrière leurs allégations revendiquant la liberté, l'égalité, ou la fraternité, existait une certaine idée de l'Homme. L'Homme, dans tout ce qu'il peut avoir de Grand et de Bien, comme un être plus puissant encore que les forces de la Nature, n'est pas seulement un agent économique, ou un soldat. C'est aussi un Esprit, une âme, qui doivent transcender les réalités matérielles au profit d'une vision dans laquelle il est projeté du rang de Sujet à celui de Citoyen, et où il pourrait, enfin délivré des chaînes dans lesquelles le féodalisme l'enserraient, déterminer l'avenir de sa nation.
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Oui, je crois profondément que les Lumières, mes chers lecteurs, avaient cette idée très précise de l'Homme. Qu'ils étaient imprégnés d'une certaine idée du Bien et du Mal, et qu'ils avaient pensé la Démocratie avant tout comme un système qui plaçait tous les Hommes au-dessus, par delà leurs réalités matérielles. C'est ce collectif Démocratique, transcendant nos réalités ou nos capacités physiques, qui a conduit la France tout au long de la Seconde, de la Troisième, de la Quatrième, et de la Cinquième République. La République, mes amis, est un projet de société transcendant notre temps, parce qu'elle a réussi à s'imposer comme universelle. La République, mes chers lecteurs, est bien plus qu'un régime politique juste ; c'est un régime politique humain. C'est un régime qui consacre le droit à chacun de se voir, dans les yeux de l'autre, comme différent, mais égal ; la République, mes amis, a construit pour les Français un sentiment d'union, un collectif capable de nous fédérer derrière la conviction profonde qu'un Vivre-Ensemble est possible. La Démocratie, c'est donc d'abord cela : un régime politique juste, composé de Citoyens égaux, qui parvient à construire un collectif humain.
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Et elle induit donc un certain nombre de valeurs. Elle induit que ce collectif défende pour chacun d'entre nous, Citoyen après Citoyen, le droit de participer à l'aventure collective de manière humaine. La Démocratie induit la défense intransigeante d'une certain nombre de droits et de valeurs. La Démocratie dépasse de très loin les fonctions de Souveraineté et la gestion économique. Elle doit aller beaucoup beaucoup loin. Elle doit défendre l'idée de l'Homme qu'elle s'est construire, parce que c'est lui qui la forme en tant que collectif. Et en conséquence, elle doit privilégier, elle doit à tout prix faire passer cette conception de l'Homme avant tout autre considération matérielle. La Démocratie est donc plus qu'un régime politique : c'est un ensemble de valeurs qui fait privilégier le Vivre-Ensemble, la défense de nos valeurs et de notre culture, sur les exigences du temps, du matériel, de l'économie.
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Vous comprendrez donc, j'espère, mes chers amis, que le MoDem se dise "démocrate". Pour nous, cela n'est pas creux. Relisez ce que je viens d'écrire, et comprenez cette cohérence, entre un régime politique de résistance et de liberté, et un projet de société Humain. Nous ne nous contenterons pas, nous autres Démocrates, du vote. La démocratie est bien plus que ça ; c'est bien plus, aussi qu'une série de grands principes ou que des textes fondamentaux. Cela induit une vision de l'Homme. C'est pourquoi nous défendons, bien sûr, la neutralité de l'information, le rôle du Parlement, l'implication des citoyens, l'adaptation des institutions Républicaines à leur temps. Mais nous défendons aussi une certaine visivon du Développement, dans laquelle l'être humain et ses valeurs sont respectées.
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Nous refusons de sacrifier à l'aune de la Mondialisation notre droit à une retraite décente, à une assistance pour l'éducation de nos enfants ou pour la lutte contre la maladie. Notre idée de l'Homme est sociale.
Nous refusons de travailler le Dimanche, jusqu'à 75 ans, au profit d'actionnaires prétenduement situés aux îles Caïmans, pour payer des impôts qui ne serviront qu'à inciter les riches à investir dans notre pays pour créer d'avantage d'emplois pour les employés de plus de 75 ans. Notre idée du Développement est Humaine.
Nous refusons de cautionner le choix de nous développer au détriment de la santé de notre planète, de ses équilibres fondamentaux, qui une fois emballés, ne pourront que détruire la Terre et le Foyer de millions d'innocents toujours enfermés dans leur misère. Notre idée du Développement est Durable.
C'est cela, être Démocrate. C'est ne pas considérer qu'il suffit de "redistribuer les richesses" pour parvenir au bonheur. C'est refuser que le développement sa face au prix de "sacrifices" sociaux et humains. Être démocrate, c'est avoir une certaine idée de l'Homme ; être démocrate, c'est dénoncer les logiques de l'Argent-Roi.
Ben
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"Le développement personnel, la liberté des personnes épanouies dans les valeurs auxquelles elles adhèrent, et qu'elles vivent en actes, est l'un des ressorts les plus puissants du développement sous toutes ses formes." Alors que le concept de développement humain commence à occuper une place fondamentale dans la pensée des economistes et responsables internationaux, l'économie de marché, dont les majuscules rayonnent d'une aura qu'on voudrait quasi mystique, fait de plus en plus figure aux yeux de nombreux gouvernements, de voie rapide et infaillible vers la prospérité matérielle. Selon eux, tous les problèmes auxquels sont confrontés leurs pays pourraient être résolus grâce à des mesures économiques. L'économie fait figure de Deus ex machina, la clef la plus importante pour ouvrir les serures de toutes les portes de la Nouvelle Asie dont nous rêvons. Dès lors qu'on voit dans l'économie la clef la plus importante pour ouvrir les serrures de toutes les portes, on en vient tout naturellement à juger la valeur d'un homme principalement sinon exclusivement à l'aune de son efficacité en tant qu'instrument économique. Cela ne concorde pas avec une vision du monde où les institutions économiques, politiques et sociales ont pour but de servir l'Homme et non l'inverse. Où la culture et le développement fusionnent pour créer un environnement dans lequel le potentiel humain peut se réaliser pleinement.
F. BAYROU citant Aung San Suu Kyi,
Congrès Fondateur du Mouvement Démocrate
(Villepinte, 02/12/07)
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