30.03.2009
Maintenir la pression...
Chers lecteurs,
Vous avez tous appris, ce matin, la nouvelle : le gouvernement a donc choisi la voie du décret, beaucoup moins démocratique, mais plus rapide que la loi, pour annoncer la suspension des stocks options et encadrer la rémunération des grands patrons, mais seulement des entreprises ayant bénéficié d’aides d’Etat (c’est-à-dire les banques et constructeurs automobiles).
Cette annonce intervient bien sûr après une série de scandales en cette période où plus encore qu’autrefois, l’exigence morale et la droiture de nos élites économiques seront indispensables au relèvement de notre continent.
Mais attention, cependant. Je voudrais rappeler une évidence pour que personne ne se contente des discours actuels. Les stocks options et autres rémunérations abracadabrantesques issues du capitalisme financier libéré avaient une raison d’être particulière. Deux, en fait :
1. Les actionnaires ont un total contrôle sur la direction de l’entreprise, ce qui se justifie dans la mesure où ils aident au financement de l’entreprise, avec pour contrepartie des « dividendes ».
2. Dans le but d’en obtenir, ils se fixent pour objectif d’engager le meilleur patron possible, à leurs yeux. D’où des « enchères aux salaires » et l’explosion des rémunérations des PDG et cadres de haut niveau.
Vous avez là résumé l’ensemble du problème. Dans les années 1980, pour faire face à plusieurs crises profondes, nous avons choisi de développer un modèle économique où les entreprises pourraient s’exempter des taux d’intérêts banquiers en se finançant par la bourse.
C’est ainsi que peu à peu, les actionnaires se sont vus octroyés des pouvoirs phénoménaux. L’enjeu du G20 et de la « moralisation du capitalisme » comme il dit, est bien là.
Réduire le pouvoir des actionnaires, pour qu’il s’exerce sur le long-terme, afin de mettre un point d’arrêt aux gestions de court terme qui pressent nos entreprises comme des citrons. Laisser, en fait, une marge de liberté aux PDG face aux Conseils d’Administration afin de remettre au centre de notre croissance une valeur trop oubliée ces dernières années : l’investissement.
De ce point de vue, une chose est claire : nous devons soutenir l’Empereur… hélas.
Ben
08:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.03.2009
Le retour des morts-vivants ?
La nouvelle, ce matin, m’a fait quelque peu sourire. Peu de temps après N. Canteloup, Europe 1 a diffusé ce vendredi un reportage sur… les militants UMP.
Le document, que je n’arrive hélas pas à retrouver, évoque entre autres une gêne croissante de la base du parti, qui se sent de plus en plus éloignée de N. Sarkozy. Ce dernier est de plus en plus critiqué pour son exercice solitaire du pouvoir, et son étanchéité à tout sens des réalités face à la crise. Beaucoup de militants parlent de ne plus renouveler leur carte d’adhérent pour 2010. Ils ne sont parfois même plus sûrs qu’ils auraient voté N.S. en 2007, en sachant ce qu’il allait faire de son mandat.
Ainsi, cette fronde, c’est d’abord, j’en suis persuadé, le début de la faillite de la synthèse UMP entre libéraux, conservateurs et gaullistes. Les libéraux sont insatisfaits des accents régulateurs que prend Nabot-Naparte Ier ; les conservateurs, soucieux de sa réforme de la politique familiale et de la reconnaissance, même inavouée, d’une possibilité de parentalité homosexuelle ; les gaullistes enfin, appellent un sens de la grandeur institutionnelle plus fort, et une politique sociale plus concrète et coordonnée.
En témoigne la lutte interne à l’UMP sur le bouclier fiscal. A croire que silencieusement, le très gaulliste De Villepin pourrait agiter quelques marionnettes et reprendre du poil de la bête... ! Pendant ce temps, dans le Grand Ouest, dont la droite est par tradition modérée, on parle de « déversement des votes de droite vers les centristes ». Pour les européennes, le MoDem, mort-vivant politique, est crédité de… 15%. Pas mal, pour un cadavre.
Que le Parti officiel prenne donc garde : il s’agira d’une élection qui, par nature, favorise des centristes très sensibles à la question européenne ; d’une élection proportionnelle, qui avantage les moyens et petits partis ; d’une élection dont le contexte, très certainement, sera celui de la contestation.
Ben
09:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.03.2009
La résistance se trompe de cible
Mes chers lecteurs,
Vous vous êtes, vous aussi sans doute, fait cette réflexion : cette crise est économique, mais elle est en plus morale. Et il semble bel et bien que sur les deux terrains, ce soient les modèles sociaux plus généreux à l’égard des défavorisés (Scandinavie, France, Allemagne) qui sortent renforcés.
Pour autant, je m’étonne de la faiblesse de notre réaction. J’entends par là qu’il y a quelque chose d’étrange à ce qu’alors même que notre modèle s’est montré plus à même de défendre les intérêts du peuple, nul n’ait souligné qu’il s’agissait là de notre victoire, de la victoire de notre modèle. La France semble empêtrée dans la seule peur de la crise, là où, partout dans le monde, il reste des gens pour dire qu’il n’y a pas de gouffre sans fond. Là où partout, des gens savent que l’économie repartira.
Il serait de notre devoir d’impulser un vrai mouvement social-démocrate dans le monde, en particulier dans le Sud. Qu’attendons-nous donc, pour exploiter cette position de force ?!
Si vous vous demandez pourquoi, la réponse est simple. La France, petite, mais recordwoman incontestée des manifestations, a perdu confiance en l’Etat ; ce pays qui n’avait jamais renoncé à croire en la politique, commence à douter d’elle.
La crise, c’est précisément le retour tonitruant d’un besoin, pour tous les pauvres et les déshérités de cette planète, d’action publique. Et pourtant, la foi des français en cette dernière s’amenuise visiblement…
Car le consensus est à notre France chérie ce que le talon fut à Achille : un terrible point de faiblesse. Le consensus, en France, est fragile, dès qu’il s’agit de parler d’action publique.
Pourtant, il est des hommes qui, bravant cette maxime, ont pensé mieux régner en divisant. Ils le paient aujourd’hui par un pays uni – ou presque – contre eux, plongé dans la paralysie et la défiance. Un cruel revers de situation, pour une nation qu’on attendait flamboyante à nouveau dans le débat d’idées international, et qui ne tient plus aujourd’hui qu’au bout des courtes pattes d’un petit chef déshonoré par l’opprobre de son propre peuple. Un chef sali, mal à l’aise pour défendre un modèle qui ne veut plus de lui.
Honte et déshonneur à ceux qui, par leur égoïsme, ont teinté notre victoire philosophique de déception politique.
Par leur échec, ils nous interdisent l’espoir.
Ben
07:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2009
En avant, en arrière...
« On ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs (…) au contraire, leur distribution aggrave le problème ».
Pour avoir reçu une éducation catholique et en avoir gardé beaucoup des valeurs, je commence à être quelque peu habitué de la philosophie de l’Eglise : présenter un modèle idéal, le monde de Dieu tel qu’il devrait être, et laisser au clergé le soin de la bienveillance et de la tolérance face aux écarts. Rappeler l’ordre en niant la réalité, mais accepter cette dernière.
Mais cette fois-ci, c’en est vraiment trop.
Le pape est la seule personne de la planète à pouvoir, seul, représenter autant de personnes, sur toute la planète. Il a une responsabilité immense : celle des actions, des pensées, de la moitié de l’humanité. Il donne encore à beaucoup de monde, un cadre d’explication général du monde, une grille de lecture. Celle-ci n’est pas mauvaise, mais si elle est éclairée. Prononcer de telles ignominies est dangereux pour des millions d’africains. C’est – au sens fort du terme – une horrible preuve d’irresponsabilité de la part d’un pape autiste et qui n’attache d’importance qu’aux questions de théorie théologique. Il n’a pas compris qu’au XXIè siècle, le pape doit être un leader médiatique ou ne pas être. Parler simplement, hors de toute subtilité biblique, et avec du coeur. Il est proprement insupportable.
Car si nous ne nous arrêtons pas seulement à cette polémique, mes chers lecteurs, il y a quelque chose qui doit vous frapper plus durement. Ce pape a officiellement réintégré la messe selon le rite de Saint Pie V (messe en latin, prêtre dos à la foule). Il a ensuite accueilli dans l’Eglise les intégristes et autres lefebvristes, racistes patentés et rétrogrades, même si inavoués. Il a réhabilité Monseigneur Williamson, négationniste et antisémite. Aujourd’hui, il défend une position extrêmement dure en Afrique sur la chasteté. Ce pape fait faire un virage de 180° à l’Eglise.
Beaucoup ne comprennent pas la lenteur de cette institution, et pense qu’elle ne bouge pas. Mais celle-ci s’est inscrite sur vingt siècles, et possède une notion du changement très... progressive. Tout au long du vingtième siècle, l’Eglise s’est ainsi peu à peu réformée. Elle a abandonné le prosélytisme, la messe en latin, s’est ouverte à l’Afrique, encourage l’œcuménisme et aujourd’hui, tente d’entretenir des dialogues avec l’islam ou le judaïsme.
Benoît XVI revient sur cette philosophie. D’une doctrine de « progrès lents » mise en place par des papes aussi volontaires et dynamiques que Jean-Paul II en son temps, nous sommes aujourd’hui arrivés à une aspiration à « un lent retour à la tradition » qui en inquiète plus d’un. L’Eglise française, traditionnellement réformiste et moderniste, a de quoi s’inquiéter. Les catholiques français ont de quoi manifester angoisse, et/ou colère. Et encore une fois, ils s'attendent tous à des remarques de la part des athées en tous genres. Avec un pape pareil, il est difficile dans un pays éclairé comme la France, d'être catholique.
Comme dirait Alain Juppé, lui-même croyant : « Ce pape commence vraiment à poser problème ».
Ben
09:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17.03.2009
Le bouclier fiscal a du mal à se défendre
Les Echos titrent aujourd'hui à propos des coûts du bouclier fiscal voulu par N.S., qui à la surprise générale, sont moins élevés que prévu. Le gouvernement a formé une ligne de défense grâce à ces premières statistiques : le bouclier fiscal concernerait ainsi moins de personnes que prévu (14.000 contribuables alors que Bercy en prévoyait... 235.000!!). Au total la loi TEPA (Travail-Emploi-Pouvoir d'Achat, de 2007, aussi appelé Pacquet fiscal dans les médias) aurait coûté 7 milliards au lieu de 13. Le ministère ajoutant que cela profite d'abord aux classes moyennes.
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes fiscaux.
Du bord de ma fenêtre, je ne peux cependant pas m'empêcher d'avoir un raisonnement avant tout politique. C'est tout de même étrange : en 2008, on nous a promis que cette fameuse loi TEPA allait booster notre économie. Que tout le monde allait en profiter, et que des sommes colossales étaient ainsi réinjectées dans l'économie. C'était le discours triomphant de la droite sûre d'elle-même face à une gauche littéralement dévastée. Or, le discours d'aujourd'hui consiste à dire : "Regardez, finalement, ça ne nous a pas coûté grand chose, voyez ! Regardez, je vous dis !"
Il y a - je crois - comme un HIC.
C'est un cas évident de manipulation de l'opinion. Le fait est que le but était de relancer, et que rien ne se passe, à tel point qu'on se réjouit aujourd'hui que cela n'ait pas trop coûté. Cela correspond à une vision de la politique fiscale par la droite qui commence à coûter cher à la France...
Ben
08:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2009
A force de naviguer à vue...
Visiblement, notre performantissime porte-avions national, le Charles-De-Gaulle, est un redoutable amateur des chantiers navals. A croire qu'il est abonné. Pas de doute : soit c'est du sabotage, soit c'est un signe très étrange.
Le signe que notre illustre ancêtre dont il porte le nom, lui, remue bien, dans sa tombe !
Lui qui a toujours eu une "certaine idée de la France", attachait une importance capitale à ce qu'il appelait "l'intérêt national", et l'unité du pays. En tous temps, il a su reculer lorsque l'opinion a basculé, et conserver une légitimité. Ce qui le poussera à démissionner, et sans doute à accéder au rang de héros national.
Enervé, le spectre de Collombey ? C'est tout à fait possible. Il suffit de se demander comment l'Empereur est en train de perdre le soutien de son électorat traditionnel lui-même, et qu'un front unifié de l'extrême-gauche au centre-droit arrive à survivre contre lui. Nicolas Sarkozy a réalisé toutes ses réformes en opposant des catégories les unes aux autres, réthoriquement ("ceux qui se lèvent tôt" sous-entendant que certains se lèvent tard) ou concrètement (l'opinion contre les cheminots, les présidents d'université contre les éudiants....). Il a ainsi perdu son soutien dans toutes les sphères sociales du pays, qui s'agrègent aujourd'hui, une à une, contre lui : ambulanciers, personnels médicaux, mèdecins, taxis, juges d'instruction, étudiants, fonctionnaires nationaux, fonctionnaires territoriaux, ouvriers, cheminots, et j'en passe. L'unité nationale voulue par De Gaulle en la personne du Président a bien changé. Ca gronde...
L'anti-sarkozysme a progressé ainsi : par aggrégation d'intérêts. Ils sont par nature divergents, mais ont trouvé en lui un ennemi commun. Comme il le dit si bien : "Un chef doit être devant ses troupes". Mais attention : en n'ayant ni l'aura d'un général, ni le charisme que procure une vue-longue, on risque fort de s'exposer à des mutineries, à l'arrière.
Ben
17:04 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.03.2009
Les mystères qui voyagent...
Bonjour à tous, mes très chers amis !
Vous savez sans doute que s’il existe des endroits où le mystère et le secret ont une place toute particulière sur cette planète, il s’agit bien des « paradis fiscaux » ou autres Etats dans lesquels il existe un « secret bancaire ».
Le secret bancaire correspond tout simplement au secret professionnel : peu importe qui demande, les banques n’ont pas à fournir d’informations sur les détenteurs des comptes qu’elle détient. Cela a donc bien sûr attiré tous les revêches à l’impôt, ou encore toutes sortes d’argents sales… faisant du Liechtenstein (160 km²), de Monaco (2km²) ou d’autres îles ridicules les plus grandes places financières du monde… !
Or, depuis quelques temps, les Européens ont décidé de lancer des attaques en règle et coordonnées, contre ces paradis fiscaux. Le duo Sarkozy- Merckel a été particulièrement doué ; dès hier, Andorre (Nabot-Naparte Ier en est le Coprince) et le Liechtenstein (voisin de l’Allemagne) ont annoncé qu’ils allaient normaliser leur situation. Aujourd’hui, ce sont l’Autriche, mais aussi – et c’est vraiment surprenant au vu de leurs réactions sur le sujet par le passé ! – la Suisse et le Luxembourg. Monaco enfin, reste flou.
Mais il faut rester prudent avec ces annonces : ce sont des victoires, mais de petites victoires. Car il est à craindre qu’en voulant déterrer ces « magots » alléchants pour nos finances publiques, on ne fasse que les inciter à s’enfoncer plus encore. C’est dorénavant bien connu : de nos jours l’argent circule tellement vite qu’il a une fâcheuse tendance à glisser entre les mains des Etats…
Normaliser le Luxembourg, certes, mais si c’est pour que l’argent aille à Singapour ? M’est avis que le travail ne fait que commencer…
Ben
11:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2009
OTAN : La France se range

Enquête : L'étrange origine du charisme français....
Voilà une affaire qui laisse plus d'un membre de la classe politique pantois... et pourtant c'est bien vrai ! N.S. a récemment confirmé son intention de rejoindre sous peu le Commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).
L'OTAN n'a plus le rôle qu'elle possédait autrefois. Elle a été créée dans le but de nous défendre contre l'URSS, et d'agglomérer l'Europe avec les USA pour former un bloc de défense solide. Mais alors, pourquoi l'OTAN existe encore, alors même que l'URSS a implosé? La réponse est simple : l'organisation a changé de rôle. D'un système de défense contre un ennemi commun, nous sommes passés à un système de coordination d'attaques à l'initiative américaine contre les ennemis de l'amérique. Et c'est tout ! L'OTAN n'a même plus rien à voir avec l'Europe... elle défend les intérêts américano-américains. Voilà donc un premier aspect bien clarifié : en soi, cette action n'est qu'un graissage de patte sarko-atlantiste : la France n'a rien à y gagner. Et sans doute n'y perd-elle pas grand chose, car elle peut bien sûr, à tout moment, refuser de lancer son armée dans une opération qu'elle désapprouve (par exemple, l'Allemagne a refusé d'aller en Irak).
Mais que l'on ne s'illusionne pas ! Cela pourrait toutefois avoir des conséquences néfastes... Sarkozy pense pouvoir "influencer l'OTAN de l'intérieur" en s'y ralliant. Voilà qui fait doucement sourire. Ayons une pensée pour certains pays qui ont rejoint l'organisation dans ce but, et aujourd'hui, se plaignent régulièrement et publiquement de la totale suprématie américaine dans la hiérarchie de commandement et de décision. C'est une erreur majeure et un non-sens géostratégique. De fait, s'il y a bien un pays qui peut influencer les USA sans faire partie de l'OTAN, c'est la France et sa voix libre, souvent dissonante mais qui, à chaque fois, présente une vision modérée et respecteuse du droit international, plutôt qu'un message uniquement fixé autour de ses propres intérêts.
La France, dans le monde, est respectée, moins parce qu'elle est puissance, mais bien parce qu'elle possède une neutralité symbolique et géopolitique inspirant confiance. Cette neutralité tourn[ait] autour du tryptique : ONU - Europe - indépendance par rapport aux USA.
En perdant ce dernier avantage, nous perdrons d'autant plus de charisme. La France se range.
08:52 Publié dans Dépollution informationnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


