13.06.2009
Souvenirs, souvenirs...
Mes chers lecteurs,
Voici au moins trois articles de suite que je suis vraiment beaucoup trop sérieux...! Alors voici de quoi vous rafraîchir quelque peu l'esprit !
Une vidéo qui nous rappelle à tous qu'il fut une époque, où , même si tout était loin d'être parfait, au moins, on rigolait bien !
Bon courage à tous,
Ben
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11.06.2009
De la Démocratie et du Développement
Mes chers amis,
Il me semble bien que ces derniers temps, le Mouvement Démocrate a beaucoup parlé des autres et critiqué le chef de l'Etat, au lieu de se faire reconnaître aux yeux des Français. Nous avons oublié de dire qui nous étions, et ce que nous voulons. Et je voudrais recommencer à vous présenter notre identité, nos valeurs, en vous proposant cet article, très librement inspiré du discours de clôture du Congrès Fondateur de Villepinte, les 1er et 2 Décembre 2007, prononcé par un certain F. Bayrou. Il explique qu'être Démocrate, c'est défendre des institutions. Mais que selon nous, héritiers philosophiques des Lumières et de la pensée démocrate-chrétienne, la Démocratie induit aussi une certaine idée du Développement.
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Le développement est une idée, un concept, issu du sentiment croissant des hommes qu'ils vivaient dans une collectivité, et que cette collectivité s'inscrit dans le temps. Nous sommes donc une "société", pour qui "français" signifie quelque chose, une petite part de chacun, de ce qu'il est ou de ce qu'il voudrait être ; une société qui se présente avec son histoire, forte, mais jamais reniée, et qui aspire à un avenir. Nous nous sommes construits autour d'une nation, autour de valeurs qui nous ont porté, entraîné vers le XXIè siècle.
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Longtemps, ce fut d'abord la Couronne qui incarna ce rassemblement des hommes derrière un collectif. La Grandeur d'un Roi, au XIXè siècle, n'était plus issue de Dieu ; et l'idée - farfelue, pour beaucoup - qu'elle puisse se mesurer à l'aune de son peuple, trottait dans la tête de nombreux penseurs. Ces penseurs furent par la suite appelés Lumières. Et derrière leurs allégations revendiquant la liberté, l'égalité, ou la fraternité, existait une certaine idée de l'Homme. L'Homme, dans tout ce qu'il peut avoir de Grand et de Bien, comme un être plus puissant encore que les forces de la Nature, n'est pas seulement un agent économique, ou un soldat. C'est aussi un Esprit, une âme, qui doivent transcender les réalités matérielles au profit d'une vision dans laquelle il est projeté du rang de Sujet à celui de Citoyen, et où il pourrait, enfin délivré des chaînes dans lesquelles le féodalisme l'enserraient, déterminer l'avenir de sa nation.
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Oui, je crois profondément que les Lumières, mes chers lecteurs, avaient cette idée très précise de l'Homme. Qu'ils étaient imprégnés d'une certaine idée du Bien et du Mal, et qu'ils avaient pensé la Démocratie avant tout comme un système qui plaçait tous les Hommes au-dessus, par delà leurs réalités matérielles. C'est ce collectif Démocratique, transcendant nos réalités ou nos capacités physiques, qui a conduit la France tout au long de la Seconde, de la Troisième, de la Quatrième, et de la Cinquième République. La République, mes amis, est un projet de société transcendant notre temps, parce qu'elle a réussi à s'imposer comme universelle. La République, mes chers lecteurs, est bien plus qu'un régime politique juste ; c'est un régime politique humain. C'est un régime qui consacre le droit à chacun de se voir, dans les yeux de l'autre, comme différent, mais égal ; la République, mes amis, a construit pour les Français un sentiment d'union, un collectif capable de nous fédérer derrière la conviction profonde qu'un Vivre-Ensemble est possible. La Démocratie, c'est donc d'abord cela : un régime politique juste, composé de Citoyens égaux, qui parvient à construire un collectif humain.
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Et elle induit donc un certain nombre de valeurs. Elle induit que ce collectif défende pour chacun d'entre nous, Citoyen après Citoyen, le droit de participer à l'aventure collective de manière humaine. La Démocratie induit la défense intransigeante d'une certain nombre de droits et de valeurs. La Démocratie dépasse de très loin les fonctions de Souveraineté et la gestion économique. Elle doit aller beaucoup beaucoup loin. Elle doit défendre l'idée de l'Homme qu'elle s'est construire, parce que c'est lui qui la forme en tant que collectif. Et en conséquence, elle doit privilégier, elle doit à tout prix faire passer cette conception de l'Homme avant tout autre considération matérielle. La Démocratie est donc plus qu'un régime politique : c'est un ensemble de valeurs qui fait privilégier le Vivre-Ensemble, la défense de nos valeurs et de notre culture, sur les exigences du temps, du matériel, de l'économie.
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Vous comprendrez donc, j'espère, mes chers amis, que le MoDem se dise "démocrate". Pour nous, cela n'est pas creux. Relisez ce que je viens d'écrire, et comprenez cette cohérence, entre un régime politique de résistance et de liberté, et un projet de société Humain. Nous ne nous contenterons pas, nous autres Démocrates, du vote. La démocratie est bien plus que ça ; c'est bien plus, aussi qu'une série de grands principes ou que des textes fondamentaux. Cela induit une vision de l'Homme. C'est pourquoi nous défendons, bien sûr, la neutralité de l'information, le rôle du Parlement, l'implication des citoyens, l'adaptation des institutions Républicaines à leur temps. Mais nous défendons aussi une certaine visivon du Développement, dans laquelle l'être humain et ses valeurs sont respectées.
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Nous refusons de sacrifier à l'aune de la Mondialisation notre droit à une retraite décente, à une assistance pour l'éducation de nos enfants ou pour la lutte contre la maladie. Notre idée de l'Homme est sociale.
Nous refusons de travailler le Dimanche, jusqu'à 75 ans, au profit d'actionnaires prétenduement situés aux îles Caïmans, pour payer des impôts qui ne serviront qu'à inciter les riches à investir dans notre pays pour créer d'avantage d'emplois pour les employés de plus de 75 ans. Notre idée du Développement est Humaine.
Nous refusons de cautionner le choix de nous développer au détriment de la santé de notre planète, de ses équilibres fondamentaux, qui une fois emballés, ne pourront que détruire la Terre et le Foyer de millions d'innocents toujours enfermés dans leur misère. Notre idée du Développement est Durable.
C'est cela, être Démocrate. C'est ne pas considérer qu'il suffit de "redistribuer les richesses" pour parvenir au bonheur. C'est refuser que le développement sa face au prix de "sacrifices" sociaux et humains. Être démocrate, c'est avoir une certaine idée de l'Homme ; être démocrate, c'est dénoncer les logiques de l'Argent-Roi.
Ben
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"Le développement personnel, la liberté des personnes épanouies dans les valeurs auxquelles elles adhèrent, et qu'elles vivent en actes, est l'un des ressorts les plus puissants du développement sous toutes ses formes." Alors que le concept de développement humain commence à occuper une place fondamentale dans la pensée des economistes et responsables internationaux, l'économie de marché, dont les majuscules rayonnent d'une aura qu'on voudrait quasi mystique, fait de plus en plus figure aux yeux de nombreux gouvernements, de voie rapide et infaillible vers la prospérité matérielle. Selon eux, tous les problèmes auxquels sont confrontés leurs pays pourraient être résolus grâce à des mesures économiques. L'économie fait figure de Deus ex machina, la clef la plus importante pour ouvrir les serures de toutes les portes de la Nouvelle Asie dont nous rêvons. Dès lors qu'on voit dans l'économie la clef la plus importante pour ouvrir les serrures de toutes les portes, on en vient tout naturellement à juger la valeur d'un homme principalement sinon exclusivement à l'aune de son efficacité en tant qu'instrument économique. Cela ne concorde pas avec une vision du monde où les institutions économiques, politiques et sociales ont pour but de servir l'Homme et non l'inverse. Où la culture et le développement fusionnent pour créer un environnement dans lequel le potentiel humain peut se réaliser pleinement.
F. BAYROU citant Aung San Suu Kyi,
Congrès Fondateur du Mouvement Démocrate
(Villepinte, 02/12/07)
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10.06.2009
De l'origine des victoires : la vraie bataille commence
Mes chers lecteurs,
Dans cet article, je voudrais une toute dernière fois revenir sur les élections de dimanche. Il ne s'agit pas de reparler des résultats. Il s'agit de montrer qu'elles sont à l'origine d'une guerre plus sournoise, qui se déroule en interne pour chaque parti. Et qui, certainement, en verra un finir par tomber. Bismarck ne disait-il pas : "Dans un jeu à trois, il faut être l'un des deux" ?!
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Ces élections européennnes n'ont pas fini de faire parler d'elles. D'ores et déjà, les deux grands perdants, le MoDem et le Parti Socialiste, ont commencé à étudier leurs perspectives d'avenir. Et la différence est éloquente. Le MoDem, pour qui, pour une fois, il est très avantageux d'être un petit parti, est déjà sur les rails de la réforme interne. Le comité exécutif a annoncé dès hier, une modification de son fonctionnement. Le MoDem fonctionnera de manière plus collégiale, sa gouvernance sera axée vers des travaux de groupe. Les militants seront bientôt consultés sur cette proposition : ça va vite, et dans le bon sens. Il faut espérer que cela sera effectif : ce sera une petite révolution, qui, croisons les doigts, fera apparaître Bayrou moins seul et encouragera les jeunes talents.
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Au PS en revanche, les choses semblent plus compliquées. Cet échec semble pourtant avoir ouvert les yeux à Martine Aubry, premier secrétaire de plus en plus mal à l'aise. Mais il apparaît de manière très claire qu'elle paye cher le prix de son élection à ce poste : élue de justesse dans des conditions douteuses, elle a aussi du, pour cela, fonder une coalition particulièrement hétéroclite dont le seul ciment était le "TSS" (Tout Sauf Ségolène). Un peu court... et aujourd'hui, une direction divisée l'empêche de réformer le parti vite et bien. C'est assez ironique : le MoDem, accusé d'être "incohérent", de rassembler le centre-gauche et le centre-droit "irrassemblables", semble beaucoup plus uni et déterminé à s'affirmer en collectif qu'un PS en délitement...
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C'était aussi la force d'Europe-Ecologie, un parti qui a rassemblé très largement au cours de ses élections, sur tout un spectre allant des écologistes de droite à l'extrême-gauche. Leur force a été tout faire pour rappeler qu'ils étaient Verts, "oubliant" d'indiquer que leur liste comportait aussi du Rouge... Au-delà de cet aspect qu'il serait possible de polémiquer, je crois qu'il faut comprendre une donnée importante de ce début du XXIè siècle : les citoyens sont sensibles à un nouveau modèle de gouvernance. Les Verts, petit parti, ont été capables de s'ouvrir à des sympathisants qui ne provenaient pas, historiquement, de chez eux. Ils ont accepté les nouveaux, d'où ils venaient, et les ont fait participer. C'est cette ouverture sur la société, cette tranquilité, qui a plu. Sans oublier les discours des "grandes figures", bien sur.
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Cette décennie marque l'avènement d'un temps où l'électorat semble extrêmement volatile. Il change beaucoup, passant d'un parti à l'autre. Et je je suis quasiment certain, par pure intuition, que ce qui risque de changer la donne, à l'avenir, ce sur quoi l'électorat de gauche sera sensible, c'est notre modèle de gouvernance. C'est la fondation d'un nouvel humanisme, d'une nouvelle démocratie, plus poussée que jamais. Une démocratie qui doit tenir compte, c'est vrai, de l'environnement dans lequel nous vivons. Mais aussi de nouvelles données plus sociétales : le sentiment de participer, d'être écouté. Le sentiment de proximité avec les décideurs. C'était l'intuition de la candidate socialiste en 2007. Nous devons nous en inspirer, sans pour autant organiser benêtement des "meetings participatifs" : un meeting est fait pour convaincre. C'est avant, lors des Conventions, qu'il faut faire participer. C'est au niveau local, sous l'égide de cadres impliqués. C'est par l'adhésion démocratique à la ligne du parti et de son leader par les adhérents et sympathisants.
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Voici donc tout le paradoxe de cette période, profondément troublant. Nous avons trois cas, bien distincts, dans l'opposition. Le MoDem, un parti très personnalisé, mais qui est conscient de ce problème par la voix de Corinne LEPAGE et qui est décidé à changer. Le PS, dans lequel à force de vouloir être "démocratique", on est devenus cacophoniques et divisés, et qui n'a pas su lier liberté d'expression à sentiment d'union. Les Verts, enfin, qui possèdent les idées les plus poussées sur la gouvernance, mais qui n'a pas les reins asses solides pour gouverner... Trois partis, trois situations, trois avenirs possibles.
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Et une certitude en découlant : la guerre à gauche commence maintenant. Tout l'enjeu sera de posséder un parti soudé et démocratique. Vous connaissez tous mon avis sur le sujet. Pour moi, un parti bien géré, capable de mener cette "guerre" qu'est la campagne, doit se concevoir tel une armée : des officiers fidèles, à l'écoute des soldats. C'est un parti où la parole des cadres est verrouillée dans les médias ; leur champ d'expression libre doit se faire à huis-clos, auprès du leader. Mais les militants doivent être valorisés, encouragés à développer leurs idées, participer à des débats, voire produire des propositions et des études. C'est tout l'enjeu : démocratiser sans désunir.
Et parmi ces trois modèles, il est certain que si l'un doit s'imposer, alors il y en a un qui mourra. Il n'y a assez pas de place pour trois...
Ben
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09.06.2009
Un moment sincère
Mes chers lecteurs,
(Modification apportée à cet article à 12h45. Elle est sous la vidéo !)
Déprimé sur l'état de notre Mouvement et sur ses perspectives d'avenir, avec le sentiment que Sarkozy allait rester encore huit ans avec les plein-pouvoirs, j'ai malgré tout regardé cette vidéo de F. Bayrou s'expliquant récemment sur Europe 1, en entier. J'y ai senti un homme profondément blessé.
Je dois avouer qu'il m'a touché et, bien plus que lorsqu'il critique les sondages ou les médias, il m'a semblé profondément sincère. Espèrons en conséquence qu'il saura, à nouveau, s'exprimer sur ses doutes et ses idées de la sorte, à l'avenir...
Chaleureusement,
Ben
Retrouvez en outre, citée ci-dessous, la phrase écrite par D. Cohn-Bendit, dans son livre de 1975, Le Grand Bazar. Sur le fond, je partage le sentiment de F. Bayrou même si cela ne justifiait pas un tel usage de la chose...
"Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas les autres gosses?”. Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même "
12:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.06.2009
Humiliation
Mes chers amis,
Les résultats d’hier sont certes surprenants et imprévus ; mais ils sont aussi profondément inquiétants. Tout député, qu’il soit national ou européen, doit s’inquiéter d’observer que sa légitimité ne s’assoit que sur 40% de ses électeurs. Cela prouve, une nouvelle fois, à quel point il aurait été important d’être plus pédagogique. D’autre part, je reste malgré tout convaincu qu’il ne sera plus possible de faire voter sur l’Europe si l’on ne finit pas par lui donner des compétences qui soient réellement déterminantes et capables d’intéresser. Je tiens à rappeler qu’elle possède, ironiquement, un rôle important en matière d’écologie.
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Au niveau européen, le message est parfaitement clair : il s’agit là d’une grande victoire des conservateurs de la droite déjà majoritaire. L’ancien Parlement Européen, constructeur et défenseur acharné de la « concurrence », amateur de normes ubuesques et soutien inconditionnel J.-M. Barrosso, est reconduit, avec un rapport de force nouveau, toutefois ; la droite se divise entre libéraux, en tassement, et les conservateurs eurosceptiques, en progrès. Les droites française, italienne et hollandaise en tête.
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Cette victoire est une humiliation, réelle, forte, profonde, de la social-démocratie, en recul quasiment partout, y compris sur les terres de M. Zapatterro. Ce mouvement, inquiétant, entraîne un tassement de toutes les formations centristes et de gauche, à l’exception notable des Verts.
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En France, ce retour tonitruant des Verts dans l’espace politique pose la question de la sa recomposition. Je reste persuadé qu’au niveau national, en l’absence de leader charismatique, de cadres capables de gouverner, et d’électorat stable, cette « victoire » d’Europe Ecologie, si elle manifeste une préoccupation importante et trop oubliée de nos concitoyens, ne pourra pas être concrétisée en 2012. Ce bon score traduit des attentes ; il ne fera pas un avenir présidentiel.
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Quelle est donc la meilleure chose à faire, dans l’opposition ? Trois choses me semblent particulièrement urgentes.
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Au centre, il faut immédiatement cesser d’avoir recours à des discours populistes, mettant en cause en permanence l’indépendance des instituts de sondage, du système médiatique, et appliquant avec un acharnement pitoyable une rhétorique de la théorie du complot digne des pires heures de l’extrême-droite conquérante. Nous devons nous remettre au travail, cesser de s’opposer en permanence à N. Sarkozy de manière personnelle. F. Bayrou doit laisser les cadres de son parti s’exprimer dans les médias ; il doit cesser d’être le seul représentant du MoDem, en particulier si cela le conduit à ruiner la campagne de M. De Sarnez qui avait accompli un travail de terrain considérable. Nous devons encore une fois, mettre le parti au travail, et ne plus se contenter d’être « Bayrou » ; nous ne devons plus présenter aux français des idées vaseuses et généralistes. Nous devons avoir, pour 2011, un répertoire de cent mesures, précises, claires, faisables, pour illustrer notre philosophie politique. Cette dernière, enfin, devra intégrer une vision transversale de l’écologie politique, incluant les questions du modèle social, du modèle de gouvernance, et du modèle de développement.
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A gauche, ensuite, il faudra commencer par se réunir et discipliner le parti. Cette défaite n’est pas celle du « verrouillage » de Martine Aubry ; c’est au contraire celle de la cacophonie à gauche. Le PS doit à tout prix assurer la liberté d’expression, la pluralité et la capacité de débat de ses militants, tout en invitant ses cadres à ne pas dissoner devant les médias. Il doit réaliser un travail de rénovation profonde, qui inclura l’écologie politique, et proposera un modèle de gauche modérée. Quitte à ce séparer de cette aile gauche afin de recréer un réservoir de voix avec le NPA et le Front de gauche.
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Il faut enfin, au niveau national, afin de parvenir à faire barrage à cette droite, triomphante, arrogante, mielleuse, qui possède les plein pouvoirs depuis maintenant sept années (et dont les pires furent les trois dernières), envisager un Front Progressiste rassemblant centristes, socialistes de gouvernement, et écologistes, derrière un Grand Projet Social-Démocrate. Cela ne se fera pas, au vu de la personnalité de F. Bayrou, et de l’état du PS. Mais c’était, je le crains, la seule solution pour proposer une alternance lors de la prochaine échéance électorale nationale.
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Cette réussite de la part d’Europe Ecologie est, je le pense sincèrement, une chose très très heureuse pour l’Europe. C’est une catastrophe pour le paysage national, cependant, qu’un parti incapable d’assumer son rôle d’opposant parce que trop petit, soit arrivé à un tel score. Il n’a fait qu’affaiblir le MoDem et le PS, déjà bien mal en point, mais seuls capables d’envisager 2012. Cet émiettement contribue encore davantage, au discours pessimistes sur les capacités de l’opposition à conquérir le pouvoir par la force d'une personnalité, et par l'audace d'un projet.
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Voici donc où nous en sommes, chers lecteurs : un centre populiste, une gauche divisée, une droite triomphante. Avec désarroi, les bras ballants, je ne puis que soupirer et invoquer tous les défenseurs déchus d’une grande idée de la France. Pierre Mendès-France, m’entends-tu ?
Ben
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05.06.2009
UNE HONTE !
Il n'y a pas, mes chers lecteurs, d'autres mots. QUELLE HONTE ! Je trouve ça scandaleux ! Je préfère ne pas commenter outre mesure cette actualité exécrable, ou bien je risque de réveiller ma vieille voisine sourde du rez-de-chaussée !
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/05/convoq...
La France, patrie des Droits de l'Homme... tu parles ! Non mais où va-t-on ?!
Dans l'histoire, Morano a bien sur été un peu stupide (Pan ! 5 ans de tôle !). Je ne sais pas si c'est grâce aux médias ou pas, mais toujours est-il qu'elle ne poursuivra pas la femme en question et c'est tant mieux. Mais le comble, c'est qu'il y a eu un flic assez débile pour aller la chercher ! Ca en dit long sur la crainte qu'inspirent nos ministères...
Prenons cela comme une manifestation du sécuritarisme autoritariste et liberticide d'un gouvernement affabulateur et de son Président embobineur... (Avec une phrase pareille, je mérite la pendaison par les orteils jusqu'à ce que mort s'ensuive !)
Ben (énervé) (ah bon ?!)
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04.06.2009
L'Europe de tout notre coeur
Mes chers amis,
Les sondages, peu importe les critiques qu’il est possible de leur adresser, indiquent avec éloquence le désintérêt profond des français pour les élections de Dimanche. Ce désintérêt, peut s’expliquer. En quoi est-il justifié ?
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Il est justifié, tout d’abord parce que l’Europe ne parvient pas à retrouver une raison d’être. Elle fut pensée, construite et défendue par des hommes et des femmes qui avaient connu la guerre et le génocide. La peur – que dis-je ! – la hantise de la guerre, et la menace totalitaire à l’Est, nous ont poussé à un tel projet. Mais aujourd’hui, la paix n’est plus un exigence populaire, parce qu’elle est devenue évidente. La paix est ressentie, de nos jours, comme assurée. Je ne sais pas si c’est véritablement une bonne chose, mais toujours est-il que cela a coupé l’Europe de ses racines, de ses raisons d’être. C’est sans doute une première justification à ce désintérêt : certains ne voient plus l’utilité de l’Europe. Ils ont oublié le XXè siècle. Il n’y a cela dit, dans ma plume, aucun jugement de valeur.
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Il est justifié, secondement, parce que l’Europe déçoit. Elle déçoit parce qu’elle n’est pas encore démocratique. Certes, de grands progrès ont été accomplis, avec l’élection au suffrage universel des députés (dimanche !) (Auparavant, ils étaient choisis par les Parlements nationaux). De nombreuses compétences ont été attribuées, en outre, à ce Parlement devenu plus représentatif. Toutefois, l’absence de couverture médiatique crédible (surtout en France) et la mainmise que possède le Conseil (c’est-à-dire les ministres des Etats-membres) sur le système institutionnel font dire que l’Europe, encore aujourd’hui, est bien plus diplomatique que démocratique. C’est sans doute en partie vrai, et cela constitue une deuxième explication possible à ce désintérêt.
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Mais alors, que faut-il faire pour retrouver une forme d’intérêt ? Démocratiser ne semble pas suffire… Pourquoi ? Ma thèse serait que l’Europe a sous sa responsabilité des tâches bien trop techniques, bien trop subtiles, pour pouvoir intéresser les citoyens. Elle n’a tout simplement plus rien d’exceptionnel, de révolutionnaire, de Grand, contrairement aux discours passionnés qu’elle suscite (et dont je suis le premier amateur !). Comment politiser sans sujet polémique ?! Il faut donc que l’Europe rassemble plus d’enjeux, traite de vraies questions, générales, en plus des aspects techniques, même s’ils sont utiles, j’en conviens.
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Et il y a des choses où elle devrait légitimement intervenir ! L’environnement doit de nos jours se penser à grande échelle, pour mettre en place des dispositifs publics harmonisés et éviter la concurrence fiscale entre les Etats (qui empêche toute forme d’intervention publique, et détruit celles qui existent déjà). La cohésion territoriale et l’égalisation des niveaux de vie est aussi un enjeu majeur du XXIè siècle en Europe. La mise en place, enfin, de cellules de coordination et d’organisation à l’échelle continentale de nos dispositifs de Défense s’avèrera être un enjeu déterminant dans notre capacité à prévenir toute invasion ou toute tentative terroriste, pour la protection de nos concitoyens et de nos voisins.
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L’élection de dimanche y changera-t-elle quelque chose ? En partie. Car la tendance actuelle de l’Europe, c’est la division des Etats. La « concurrence », thèse libérale développée dans l’interprétation des textes communautaires par J.-M. Barrosso, est certes un principe purement économique de laisser-faire. Mais elle a une autre origine, politique celle-là, bien plus inquiétante : si cette idéologie a été choisie, c’est avant tout parce qu’elle protège les Etats. Le « laisser-faire » empêche tout débat sur l’harmonisation fiscale et la création de politiques européennes sociales qui pourraient réduire le pouvoir de nos Chefs d’Etat. Voilà sa véritable raison d’être, imposée par les droites (majoritaires, encore actuellement, sur le continent), qu’il faut combattre. Car sans ces politiques, pas de politisation de l’Europe, ni de grande coordination de l’Europe autour de l’environnement, du social, et de la défense. Avec à la clef, des risques d’implosion encore plus importants.
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Voici donc ce qu’il faut comprendre : voter dimanche, c’est donner, ou refuser, un sens à l’Europe. C’est défendre un idéal, qui n’est plus seulement l’idéal de paix des Pères Fondateurs, mais qui est aussi un idéal social. Un idéal qui redonnera à notre continent toute sa Grandeur, non pas par les armes, mais par ses ambitions et par sa Volonté.
Sans enjeu, sans responsabilité, sans esprit, l’Europe mourra. Chacun, que nous soyons centristes ou communistes, socialistes ou verts, nous devons nous lever pour bloquer un projet d’une Europe libérale coincée par les Etats, impuissante parce que refusée par les peuples.
Je serai le premier à me lever. Je refuse l’Europe des droites !
Vive l’Union !
Ben
18:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


