05.06.2009

UNE HONTE !

Il n'y a pas, mes chers lecteurs, d'autres mots. QUELLE HONTE ! Je trouve ça scandaleux ! Je préfère ne pas commenter outre mesure cette actualité exécrable, ou bien je risque de réveiller ma vieille voisine sourde du rez-de-chaussée !

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/06/05/convoq...

La France, patrie des Droits de l'Homme... tu parles ! Non mais où va-t-on ?!

Dans l'histoire, Morano a bien sur été un peu stupide (Pan ! 5 ans de tôle !). Je ne sais pas si c'est grâce aux médias ou pas, mais toujours est-il qu'elle ne poursuivra pas la femme en question et c'est tant mieux. Mais le comble, c'est qu'il y a eu un flic assez débile pour aller la chercher ! Ca en dit long sur la crainte qu'inspirent nos ministères...

Prenons cela comme une manifestation du sécuritarisme autoritariste et liberticide d'un gouvernement affabulateur et de son Président embobineur... (Avec une phrase pareille, je mérite la pendaison par les orteils jusqu'à ce que mort s'ensuive !)

Ben (énervé) (ah bon ?!)

04.06.2009

L'Europe de tout notre coeur

Mes chers amis,

 

Les sondages, peu importe les critiques qu’il est possible de leur adresser, indiquent avec éloquence le désintérêt profond des français pour les élections de Dimanche. Ce désintérêt, peut s’expliquer. En quoi est-il justifié ?

-

Il est justifié, tout d’abord parce que l’Europe ne parvient pas à retrouver une raison d’être. Elle fut pensée, construite et défendue par des hommes et des femmes qui avaient connu la guerre et le génocide. La peur – que dis-je ! – la hantise de la guerre, et la menace totalitaire à l’Est, nous ont poussé à un tel projet. Mais aujourd’hui, la paix n’est plus un exigence populaire, parce qu’elle est devenue évidente. La paix est ressentie, de nos jours, comme assurée. Je ne sais pas si c’est véritablement une bonne chose, mais toujours est-il que cela a coupé l’Europe de ses racines, de ses raisons d’être. C’est sans doute une première justification à ce désintérêt : certains ne voient plus l’utilité de l’Europe. Ils ont oublié le XXè siècle. Il n’y a cela dit, dans ma plume, aucun jugement de valeur.

-

Il est justifié, secondement, parce que l’Europe déçoit. Elle déçoit parce qu’elle n’est pas encore démocratique. Certes, de grands progrès ont été accomplis, avec l’élection au suffrage universel des députés (dimanche !) (Auparavant, ils étaient choisis par les Parlements nationaux). De nombreuses compétences ont été attribuées, en outre, à ce Parlement devenu plus représentatif. Toutefois, l’absence de couverture médiatique crédible (surtout en France) et la mainmise que possède le Conseil (c’est-à-dire les ministres des Etats-membres) sur le système institutionnel font dire que l’Europe, encore aujourd’hui, est bien plus diplomatique que démocratique. C’est sans doute en partie vrai, et cela constitue une deuxième explication possible à ce désintérêt.

-

Mais alors, que faut-il faire pour retrouver une forme d’intérêt ? Démocratiser ne semble pas suffire… Pourquoi ? Ma thèse serait que l’Europe a sous sa responsabilité des tâches bien trop techniques, bien trop subtiles, pour pouvoir intéresser les citoyens. Elle n’a tout simplement plus rien d’exceptionnel, de révolutionnaire, de Grand, contrairement aux discours passionnés qu’elle suscite (et dont je suis le premier amateur !). Comment politiser sans sujet polémique ?! Il faut donc que l’Europe rassemble plus d’enjeux, traite de vraies questions, générales, en plus des aspects techniques, même s’ils sont utiles, j’en conviens.

-

Et il y a des choses où elle devrait légitimement intervenir ! L’environnement doit de nos jours se penser à grande échelle, pour mettre en place des dispositifs publics harmonisés et éviter la concurrence fiscale entre les Etats (qui empêche toute forme d’intervention publique, et détruit celles qui existent déjà). La cohésion territoriale et l’égalisation des niveaux de vie est aussi un enjeu majeur du XXIè siècle en Europe. La mise en place, enfin, de cellules de coordination et d’organisation à l’échelle continentale de nos dispositifs de Défense s’avèrera être un enjeu déterminant dans notre capacité à prévenir toute invasion ou toute tentative terroriste, pour la protection de nos concitoyens et de nos voisins.

-

L’élection de dimanche y changera-t-elle quelque chose ? En partie. Car la tendance actuelle de l’Europe, c’est la division des Etats. La « concurrence », thèse libérale développée dans l’interprétation des textes communautaires par J.-M. Barrosso, est certes un principe purement économique de laisser-faire. Mais elle a une autre origine, politique celle-là, bien plus inquiétante : si cette idéologie a été choisie, c’est avant tout parce qu’elle protège les Etats. Le « laisser-faire » empêche tout débat sur l’harmonisation fiscale et la création de politiques européennes sociales qui pourraient réduire le pouvoir de nos Chefs d’Etat. Voilà sa véritable raison d’être, imposée par les droites (majoritaires, encore actuellement, sur le continent), qu’il faut combattre. Car sans ces politiques, pas de politisation de l’Europe, ni de grande coordination de l’Europe autour de l’environnement, du social, et de la défense. Avec à la clef, des risques d’implosion encore plus importants.

-

Voici donc ce qu’il faut comprendre : voter dimanche, c’est donner, ou refuser, un sens à l’Europe. C’est défendre un idéal, qui n’est plus seulement l’idéal de paix des Pères Fondateurs, mais qui est aussi un idéal social. Un idéal qui redonnera à notre continent toute sa Grandeur, non pas par les armes, mais par ses ambitions et par sa Volonté.

 

Sans enjeu, sans responsabilité, sans esprit, l’Europe mourra. Chacun, que nous soyons centristes ou communistes, socialistes ou verts, nous devons nous lever pour bloquer un projet d’une Europe libérale coincée par les Etats, impuissante parce que refusée par les peuples.

 

Je serai le premier à me lever. Je refuse l’Europe des droites !

 

Vive l’Union !

 

Ben

 

29.05.2009

Conditions pour une entente cordiale

Mes chers lecteurs,

Gilles a abordé hier, dans son commentaire sur les Européennes, la question du rapprochement PS-MoDem, perspective que j'avais moi-même très vite évoqué dans l'article. Voici une réponse plus détaillée...

Lemonde.fr, journal dont la synthèse est parfois frustrante et très factuelle (mais toujours meilleure que celle de certains torchons d'Ile de France, suivez mon regard...) a ce matin titré, d'une manière qui m'a fait sourire : "Les ratés de la campagne UMP". Ils y décrivent les tentatives de Xavier Bertrand pour dynamiser la campagne alors que son responsable légitime, Michel Barnier, doit gérer la colère des laitiers. Entre autres, hier, le patron de l'UMP a mené un meeting au Zénith de Lille, une tentative qui s'est soldée par un échec cuisant et une salle aux trois quarts vide.

En cela, il est très clair que l'UMP ne parvient pas à mobiliser au-delà de son électorat de noyau-dur. 26% selon les sondages, sont certes suffisants pour être en tête ; c'est néanmoins largement inférieur à ce que l'on pourrait attendre de la droite française (le schéma "classique" français restant : 33/33/18). Il est donc aisé de se moquer de ces 26%, bien ridicules alors même que la droite est complètement rassemblée, contrairement à la gauche qui n'a jamais été si divisée (NPA/Front de Gauche/Europe Ecologie/PS/et toutes les petites listes).

1. Première condition : cesser le contre-feu « anti-UDF » contre le MoDem

Mais alors, comment rassembler la gauche ? Dans mon article d'hier, j'ai essayé de présenter les choses d'un point de vue optimiste. Je suis sûr que le MoDem peuvent s'entendre sur certains sujets fondamentaux et pas si évidents : le rapport au projet européen, la politique familiale et la Sécurité Sociale, une politique environnementale volontariste, etc. Il y a cependant une première condition à ce projet : c'est une compréhension mutuelle. De fait, si l'on compare l'UDF de 2004 avec le MoDem cinq ans plus tard, on mesure l'étendue du chemin parcouru. L'UDF et le MoDem ont réalisé ce que le PS n'a pas fait depuis Mitterrand : renouveler ses idées, se repositionner, intégrer la mondialisation et ses dangers, et proposer des idées compréhensibles.

Dans la perspective d'une alliance, nous demandons moins au PS de se rénover en deux ans, que de reconnaître notre propre mutation vers le centre-gauche.

La ligne de séparation entre la gauche et la droite ne passe plus sur notre flanc gauche ; elle est clairement sur notre droite, parce que la droite nous y a repoussés. Les idées républicaines du centre sont profondément opposées à l’Empire personnalisé de l’argent-culte que nous prépare la droite.

2. Seconde condition : nous écouter, en toute indépendance

De cette alliance, cependant, ne pourrait résulter une fusion. Le centre est ce qu'il est, tout comme la gauche.

Nous sommes différents.

Acceptons-le, mais tentons de nous entendre. Si le MoDem considère que les Etats nationaux sont dorénavant, mondialisation oblige, incapables de déployer davantage leur fiscalité sans peser sur les exportations et l'emploi, il est ouvert à toute forme d'interventionnisme européen, mieux adapté à la mondialisation et facteur de cohérence continentale. A ce titre, les élections européennes auraient été les plus propices à un début d’entente. Il existe beaucoup de possibilités pour nous concilier et croiser nos programmes, pour peu qu’on le veuille. Le but n’est pas de fusionner, et des différences subsisteront. Le MoDem a su s’enraciner dans le paysage politique, et il n’est plus question de mettre en cause sa viabilité. Ce qu’il faut, c’est nous reconnaître dans nos différences.

3. Troisième condition : la cohérence interne de chacun

Il est en outre évident qu’aucune alliance ne sera possible durablement si le PS ne trouve pas un moyen URGENT de mettre un terme à ses dissensions internes. Il est en tout cas très difficile d’établir des perspectives pour le MoDem tant que le PS reste aussi divisé et partagé dans ses convictions. Comment faire confiance à quelqu’un qui risque d’être désavoué par la moitié des siens à tout moment ? A défaut d’être d’accord, le PS devait au moins trouver une position commune sur cette alliance, ça paraît évident, mais pas à écouter les cadres du parti.

De même, le MoDem devra garantir la pérennité de cette alliance en s’assurant du soutien des militants et des cadres.

4. Dernier point : perspectives et alternatives

Ce petit résumé donne l’impression d’être un résidu d’exigences MoDem vis-à-vis du PS, et c’est sans doute vrai. J’espère d’ailleurs que tu me feras part des impressions socialistes, Gilles.

Mais je ne peux pas m’empêcher de croire que dans cette histoire, le MoDem est en bien moins mauvaise passe (attention, je ne dis pas : « en meilleure », mais bien « en moins mauvaise » !) que le PS. Il a pour lui l’unité en interne, et la conjoncture qui lui est favorable : il est sur une pente ascendante, il est en période d’affirmation de son existence. Il y a d’ailleurs plus de proximité entre le MoDem et l’aile droite du PS qu’entre les deux flancs socialistes. Voilà qui porte à réflexion : soit le PS garde une ligne de synthèse et gère un MoDem qui a su se décaller et grandir, soit…

Ben