28.05.2009

Européennes : j'ai enfin fait mon choix

Bonjour à tous, mes très chers lecteurs,

Je vais me permettre, pour aujourd'hui, de vous parler à la première personne. Je suis d'habitude plus prudent avec cette méthode, parce que l'emploi du Je a souvent tendance à rendre le lecteur méfiant. Mais à l'heure qu'il est, je voudrais vous faire part de mes sentiments, et vous demander votre avis, anonyme ou non... Ce n'est pas que je veux vous juger, mais plus parce que j'ai l'impression que nous sommes à un moment important, et que j'ai décidé tout en restant très hésitant...

Alors même que le mémoire sur les Blogs de Journalistes que je suis en train de rédiger, absorbe tout mon temps, je ne peux m'empêcher de me triturer l'esprit sur les élections européennes. Bien sûr, l'abstention et le désintérêt croissant des français pour cette élection me déprime toujours un peu, mais au fond, je m'y attendais. Et je crois comprendre ces français auxquels personne n'explique rien. Les médias sont pour moi en grande partie fautifs, tout comme notre personnel politique, particulièrement hypocrite (quand l'UE fait quelque chose de bien, c'est eux ; quand quelque chose de mal arrive, c'est Bruxelles !). Mais je jubile un peu, aussi.

Pourquoi jubile-je? Regardez donc les sondages... Le dernier en date, malgré toutes les tribulations et tentatives diverses de la vache Lilloise (pardonnez ma véhémence, mais je ne sais pas ce que les socialistes lui trouvent...) pour afficher une unité de façade avec l'institutrice-de-maternelle-au-sourire-crispé (alias Ségo, qui a au moins l'avantage d'avoir du charme) (pardonnez ma véhémence, mais je ne sais pas pourquoi les socialistes l'ont préférée à DSK... : il a du charme ET il sait parler!), aligne le PS sous la barre des 20%.

En quoi est-ce jubilatoire? Après tout, l'UMP est à 26%, et domine le paysage politique. C'est assez louche, quand on pense à l'impopularité de Nabot-Naparte Ier et la situation française qui Empire. En fait, le mystère s'éclaircit lorsque l'on se rend compte que cette liste UMP-Nouveau Centre est la seule qui soutient le gouvernement ! Ainsi, l'UMP est certes en tête, mais les sondages montrent aussi que 74% des votants ne soutiennent pas le gouvernement ! C'est bon pour le moral...

Alors, bien sûr, le PS et le MoDem reste faibles. Mon indécision récente à propos du vote avait pour source le sentiment que le MoDem n'avait au fond pas d'avenir, qu'il allait s'éteindre avec un Bayrou mollasson et gluant (je crois que c'est le terme : collant et mou à la fois, ça fait gluant, non ?). Mais quand je vois les sondages qui le donnent à 14%, en hausse depuis deux semaines, et qui grignote point par point les perspectives socialistes, je me dis qu'il y a bon espoir que quelque chose se passe.

Je ne suis pas pour la mort du PS. Je souhaiterais bien davantage une grande alliance sociale-démocrate, modérée mais sociale, et farouchement opposée à la société américaine-conservatrice imposée par les Sarkozy, Berlusconi ou autres. Je voudrais qu'en France, on prenne conscience de la nécessité de reconfigurer la gauche, de tuer définitivement cette espèce de vieille réthorique Mitterrandienne, révolutionnaire dans le discours, décevante dans la réforme et excellente dans la gestion. Cela se fera soit par la division du PS, soit par le renforcement du Modem.

Nous sommes précisément entre les deux.

Alors voilà : le 7 juin, d'abord, je vote. Le 7 juin, ensuite, je voterai MoDem. Pourquoi ? Parce que je voudrais encourager Marielle de Sarnez, toujours aussi fraiche, ouverte, dynamique et souriante, qui arrive à me réconcilier avec le MoDem à chaque fois que j'ai le sentiment que ma rage à l'égard du manque de panache de Bayrou aura des conséquences irréparables. Parce que, aussi, je me rends compte que le MoDem n'est pas mort, loin de là, et qu'il a encore un espoir. Un espoir qui est même meilleur que celui de l'UDF aux européennes de 2004 (dont le score fut de 11%). Et enfin parce que je ne peux me résoudre à approuver une politique Aubryiste de réconciliation du PS avec son aile gauche, qui ne correspond en rien à l'idée que je me fais d'une alternative crédible à cette droite, qui a su se renouveler et bousculer la gauche sur tous les terrains.

Je souhaite cette grande gauche social-démocrate, écologiste et fédéraliste, bien plus qu'une espèce de social-euroindécisionnisme et ses relents communistes.

J'attends vos avis et commentaires sur ce vote et vos intentions. J'ai l'impression que nous ne sentons pas tous à quel point il peut être important.

 

Ben

 

09.05.2009

L'aigle et la faucille

Mes chers lecteurs,

 

Nous étions  hier, comme vous les savez tous, le 8 mai 1945, date de la capitulation nazie et de la chute du Troisième Reich, à l’issue d’un terrible conflit.

Cette date est bien sûr importante ; elle met un terme à l’industrialisation de la mort en Europe, elle consacre définitivement les Etats-Unis comme nouveau leader occidental, entérine l’entêtement de nos amis anglais et place la France face à ses propres difficultés. Elle ouvre une période de réflexion profonde en Allemagne, sur l’identité de leur nation et de leur pays. Elle aurait du ouvrir une réflexion en France, sur notre propension à nous confier aveuglément à un chef à la première crise venue.

 

Mais plus encore, le 8 mai 1945 ouvre une longue période de cinquante années, durant laquelle l’Europe va se retrouver divisée en deux, tout comme le reste du monde. Cette victoire marque le début de la Guerre Froide.

 

Car il ne faudrait pas céder à la tentation de réécrire l’histoire comme nous la ressentons de nos jours. Cette réflexion m’est inspirée à la lecture des comptes-rendus du discours du Nicolas Sarkozy à Sainte-Maxime. Je le critique ici, mais je pense que tout cela est valable pour beaucoup d’entre nous. Nous oublions ce qui s’est passé.

 

Le chef de l’Etat a hier beaucoup insisté, et il avait raison, sur la Résistance française et son courage, sur les combattants africains sacrifiés au nom d’une cause qui n’était peut-être pas la leur, mais aussi sur le rôle déterminant des Etats-Unis d’Amérique.

 

Ce qui me gène, c’est qu’il manque les russes.

 

Je sais : ce n’est peut-être pas politiquement correct de remercier Staline. Mais en France, l’histoire fut réécrite, tant l’importance du Débarquement de 1944 fut grande pour nous. Ce sont effectivement les américains qui nous ont sauvé.

 

Les personnes interrogées au lendemain de cette victoire répondaient pourtant toutes la même chose : ce sont bel et bien les russes qui ont permis la victoire. C’est la seule nation qui ait réussi à repousser une invasion terrestre des nazis, puis à répliquer par leur fameux « rouleau compresseur », pour finir en une irrésistible marche vers Berlin.

 

Je ne voudrais pas sous-entendre qu’un peuple à eu plus de valeur que l’autre. Et pour tout dire, mon affection et mon admiration dans cette histoire, vont aux anglais. Cependant, je pense qu’il faut remettre les choses dans leur contexte, et rappeler le rôle – inquiétant et dangereux pour la suite des évènements, comme chacun sait – de l’URSS.

 

Ben

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08.05.2009

Les Français et la grève

Mes très chers lecteurs,

J'espère que vous accepterez de pardonner mes gros et longs silences ; le temps que je dois consacrer à des partiels et à la rédaction d'un mémoire y est pour beaucoup, en plus d'un certain coup de blues politique que je traîne depuis une petite année maintenant.

Cela dit, je me permets de vous parler aujourd'hui car, au fil de mes révisions d'Histoire sociale, j'ai pu découvrir des statistiques particulièrement intéressantes et... assez surprenantes. Tout le monde ici le sait très bien : la France est le pays des grèves. C'est en quelque sorte notre marque de fabrique, une partie de notre identité qui fait sourire les étrangers... et embête les autochtones. Combien de fois avons-nous d'ailleurs entendu des patrons, ou autres amateurs du Sarkozysme, et adeptes du "Faut remettre la France au travail" (ce qui, bien sur, ne les concerne pas ! C'est un principe de base : le problème vient du voisin, pas de chez soi) s'en plaindre ?! La philosophie du service minimum, qui reste, j'en suis convaincu, une bonne idée, n'en était pas moins dénuée de ce genre d'allusions... ou d'impressions.

Mais figurez-vous, mes chers amis, que j'ai découvert un graphique qui risque d'en surprendre plus d'un. Si l'on faisait un classement du nombre de jours de grêve pas pays en Europe, à quel rang serait la France ? Deuxième ? Première ?

Raté ! Elle serait étonnamment onzième !

Graphique6.gif
Nombre de journées individuelles non travaillées par pays en Europe, 1998-2005.
Alors il me semble bien qu'il s'agit maintenant de faire justice. Ceux qui pourrissent la réputation de la France auprès des investisseurs étrangers, qui prétendent que nous travaillons moins depuis les 35h (qui n'ont jamais été respectées par personne) tout en faisant plus grève que les autres, peuvent aller se recoucher. Car voici la preuve que ce sont eux, qui, répandant des clichés infondés, réalisent un véritable travail de sape.
A leur décharge, nous étions nombreux à les croire. Espérons que cela changera...
Ben