15.03.2009

A force de naviguer à vue...

Visiblement, notre performantissime porte-avions national, le Charles-De-Gaulle, est un redoutable amateur des chantiers navals. A croire qu'il est abonné. Pas de doute : soit c'est du sabotage, soit c'est un signe très étrange.

Le signe que notre illustre ancêtre dont il porte le nom, lui, remue bien, dans sa tombe !

Lui qui a toujours eu une "certaine idée de la France", attachait une importance capitale à ce qu'il appelait "l'intérêt national", et l'unité du pays. En tous temps, il a su reculer lorsque l'opinion a basculé, et conserver une légitimité. Ce qui le poussera à démissionner, et sans doute à accéder au rang de héros national.

405178_lp-lavieille.jpgEnervé, le spectre de Collombey ? C'est tout à fait possible. Il suffit de se demander comment l'Empereur est en train de perdre le soutien de son électorat traditionnel lui-même, et qu'un front unifié de l'extrême-gauche au centre-droit arrive à survivre contre lui. Nicolas Sarkozy a réalisé toutes ses réformes en opposant des catégories les unes aux autres, réthoriquement ("ceux qui se lèvent tôt" sous-entendant que certains se lèvent tard) ou concrètement (l'opinion contre les cheminots, les présidents d'université contre les éudiants....). Il a ainsi perdu son soutien dans toutes les sphères sociales du pays, qui s'agrègent aujourd'hui, une à une, contre lui : ambulanciers, personnels médicaux, mèdecins, taxis, juges d'instruction, étudiants, fonctionnaires nationaux, fonctionnaires territoriaux, ouvriers, cheminots, et j'en passe. L'unité nationale voulue par De Gaulle en la personne du Président a bien changé. Ca gronde...

L'anti-sarkozysme a progressé ainsi : par aggrégation d'intérêts. Ils sont par nature divergents, mais ont trouvé en lui un ennemi commun. Comme il le dit si bien : "Un chef doit être devant ses troupes". Mais attention : en n'ayant ni l'aura d'un général, ni le charisme que procure une vue-longue, on risque fort de s'exposer à des mutineries, à l'arrière.

Ben

  

14.03.2009

Les mystères qui voyagent...

Bonjour à tous, mes très chers amis !

 

Vous savez sans doute que s’il existe des endroits où le mystère et le secret ont une place toute particulière sur cette planète, il s’agit bien des « paradis fiscaux » ou autres Etats dans lesquels il existe un « secret bancaire ».

argentsale1.1173289532.gifLe secret bancaire correspond tout simplement au secret professionnel : peu importe qui demande, les banques n’ont pas à fournir d’informations sur les détenteurs des comptes qu’elle détient. Cela a donc bien sûr attiré tous les revêches à l’impôt, ou encore toutes sortes d’argents sales… faisant du Liechtenstein (160 km²), de Monaco (2km²) ou d’autres îles ridicules les plus grandes places financières du monde… !

 

Or, depuis quelques temps, les Européens ont décidé de lancer des attaques en règle et coordonnées, contre ces paradis fiscaux. Le duo Sarkozy- Merckel a été particulièrement doué ; dès hier, Andorre (Nabot-Naparte Ier en est le Coprince) et le Liechtenstein (voisin de l’Allemagne) ont annoncé qu’ils allaient normaliser leur situation. Aujourd’hui, ce sont l’Autriche, mais aussi – et c’est vraiment surprenant au vu de leurs réactions sur le sujet par le passé ! – la Suisse et le Luxembourg. Monaco enfin, reste flou.

 

Mais il faut rester prudent avec ces annonces : ce sont des victoires, mais de petites victoires. Car il est à craindre qu’en voulant déterrer ces « magots » alléchants pour nos finances publiques, on ne fasse que les inciter à s’enfoncer plus encore. C’est dorénavant bien connu : de nos jours l’argent circule tellement vite qu’il a une fâcheuse tendance à glisser entre les mains des Etats…

 

Normaliser le Luxembourg, certes, mais si c’est pour que l’argent aille à Singapour ? M’est avis que le travail ne fait que commencer…

 

Ben

13.03.2009

OTAN : La France se range

Ministère des affaires étranges.jpg

Enquête : L'étrange origine du charisme français....

Voilà une affaire qui laisse plus d'un membre de la classe politique pantois... et pourtant c'est bien vrai ! N.S. a récemment confirmé son intention de rejoindre sous peu le Commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

L'OTAN n'a plus le rôle qu'elle possédait autrefois. Elle a été créée dans le but de nous défendre contre l'URSS, et d'agglomérer l'Europe avec les USA pour former un bloc de défense solide. Mais alors, pourquoi l'OTAN existe encore, alors même que l'URSS a implosé? La réponse est simple : l'organisation a changé de rôle. D'un système de défense contre un ennemi commun, nous sommes passés à un système de coordination d'attaques à l'initiative américaine contre les ennemis de l'amérique. Et c'est tout ! L'OTAN n'a même plus rien à voir avec l'Europe... elle défend les intérêts américano-américains. Voilà donc un premier aspect bien clarifié : en soi, cette action n'est qu'un graissage de patte sarko-atlantiste : la France n'a rien à y gagner. Et sans doute n'y perd-elle pas grand chose, car elle peut bien sûr, à tout moment, refuser de lancer son armée dans une opération qu'elle désapprouve (par exemple, l'Allemagne a refusé d'aller en Irak).

Mais que l'on ne s'illusionne pas ! Cela pourrait toutefois avoir des conséquences néfastes... Sarkozy pense pouvoir "influencer l'OTAN de l'intérieur" en s'y ralliant. Voilà qui fait doucement sourire. Ayons une pensée pour certains pays qui ont rejoint l'organisation dans ce but, et aujourd'hui, se plaignent régulièrement et publiquement de la totale suprématie américaine dans la hiérarchie de commandement et de décision. C'est une erreur majeure et un non-sens géostratégique. De fait, s'il y a bien un pays qui peut influencer les USA sans faire partie de l'OTAN, c'est la France et sa voix libre, souvent dissonante mais qui, à chaque fois, présente une vision modérée et respecteuse du droit international, plutôt qu'un message uniquement fixé autour de ses propres intérêts.

La France, dans le monde, est respectée, moins parce qu'elle est puissance, mais bien parce qu'elle possède une neutralité symbolique et géopolitique inspirant confiance. Cette neutralité tourn[ait] autour du tryptique : ONU - Europe - indépendance par rapport aux USA.

En perdant ce dernier avantage, nous perdrons d'autant plus de charisme. La France se range.